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Résumé - Abstract
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MÉLANGES SUR L'APOCALYPSE DE JEAN offerts à PIERRE PRIGENT |
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Résumés - Abstracts
Maurice Carrez, Le déploiement de la christologie de l'Agneau dans l'Apocalypse
De l'intronisation de l'Agneau immolé à la conclusion du livre, l'intrigue conduit le lecteur de découverte en découverte. Le récit lui montre que rien n'est scellé pour l'Agneau, au ciel comme sur la terre, et que sa victoire s'opère en plusieurs étapes décisives : De la porte dans le ciel, à la vision complète où l'Agneau est devenu la figure centrale et marquante de l'Apocalypse, pleinement uni à Dieu, évoqué par le Trône. Ce déploiement thématique est caractéristique.
Maurice Carrez, The Unfolding of the Christology of the Lamb in the Revelation
From the enthronement of the slain Lamb to the end of the book, the plot leads the reader from on discovery to the next. The narrative itself shows that nothing is sealed for the Lamb in heaven or on earth. His victory is obtained through several important stages : From the door opened in heaven to the ultimate vision in which the Lamb has become the central important figure of the Revelation, fully united to God referred to by means of the throne. This thematic unfolding is characteristic.
Otto Böcher, Das beglaubigende Vaticinium ex eventu als Strukturelement der Johannes-Apocalypse
In der Literatur der altjüdischen Apokalyptik war das Vaticinium ex eventu
allgemein beliebt. Daß sich auch der Autor der Johannes-Apokalypse dieses Stilmittels
bedient und es mehrfach zur Strukturierung seines Stoffes verwendet hat, war bisher kaum
bekannt. Seine Schilderungen der dem Heil vorangehenden Katastrophen sind nicht Inhalt
der « echten » Weissagung, sondern rückblickende Deutung einer befristeten,
ihrem heilvollen Ende zueilenden Gegenwart.
Die Johannes-Offenbarung will nicht etwa Ängste schüren, sondern Trost spenden.
Otto Böcher, La confirmation par le vaticinium ex eventu. Un élément de structure dans l'Apocalypse de Jean
Dans la littérature apocalyptique du judaïsme ancien, le vaticinium ex eventu était généralement recherché. Que l'auteur de l'Apocalypse de Jean ait emprunté cette figure de style et l'ait employée pour structurer sa matière n'a guère été remarqué jusqu'à présent. Les descriptions des catastrophes précédant le salut ne représentent pas une « vraie » prophétie, mais une interprétation rétrospective d'un temps présent qui se hâte vers sa fin salutaire.
Håkan Ulfgard, L'Apocalypse entre judaïsme et christianisme. Précisions sur le monde spirituel et intellectuel de Jean de Patmos
Les éléments littéraires et dramatiques, comme les structures scéniques et liturgiques, coopèrent dans l'Apocalypse avec des idées fondamentales de christologie et d'ecclésiologie pour donner au livre un caractère particulier de « judaïsme christianisé », qu'il faut toujours respecter. Dans cet article, le caractère littéraire de l'Apocalypse est d’abord examiné en relation avec les idéaux littéraires hellénistiques (Aristote). Puis le caractère juif du livre, souvent similaire à ce qu'on trouve à Qumrân, est étudié dans quelques formulations fondamentales de la christologie et de l'ecclésiologie au début du livre, ainsi que dans quelques éléments de sa mise en scène liturgique.
Håkan Ulfgard, The Revelation between Judaism and Christianity. Details on the Spiritual and Intellectual Universe of John of Patmos
Literary and dramatic elements as well as scenic and liturgical structures cooperate in Revelation with fundamental ideas of christology and ecclesiology so as to lend the book its peculiar character of « christianised Judaism », which is always to be respected. In this paper, firstly, attention is drawn to the literary character of Ap in relation to Hellenistic literary ideals (Aristotle). Next, the Jewish character of the book, often similar to what is found in Qumran, is studied in some fundamental christological and ecclesiological formulations at the beginning of the book and in a few elements of the liturgical scene.
Etienne Trocmé, La Jézabel de Thyatire (Apoc. 2/20-24)
La lettre à l'Église de Thyatire (Apoc. 2,18-29), qui est au centre de la collection des lettres aux Sept Églises, comporte un passage où est dénoncée « Jézabel », animatrice d'un groupe hérétique local (v. 20-24). Cette prophétesse semble avoir joui d'une autorité considérable dans l'Église de cette ville. Elle devait défendre des doctrines voisines de celles des « forts » de Romains 14, alors que la plupart des chrétiens de Thyatire, exclus depuis peu de la Synagogue, demeuraient proches du judaïsme. De là le conflit qui les opposait.
Etienne Trocmé, The Jezebel of Thyatira (Rev 2/20-24)
The letter to the Church in Thyatira (Rev. 2,18-29), which is in the middle of the collection of the letters to the Seven Churches, includes a paragraph in which « Jezebel », head of a local heretical group, is attacked (v. 20-24). This prophetess seems to have enjoyed considerable authority in the Church of that city. She probably defended doctrines similar to those advocated by the « strong » of Romans 14, whereas a majority of Christians in Thyatira, recently expelled from the Synagogue, remained close to Judaism. Hence the conflict between them.
Pierre Maraval, Apocalypse 3/20 dans l'interprétation patristique des III
Ce verset de l'Apocalypse, souvent cité par Origène et plusieurs Pères de sa lignée, a été interprété par eux de la venue du Christ dans l'âme du fidèle, mais a reçu aussi une interprétation eucharistique et eschatologique.
Pierre Maraval, Revelation 3/20 in Patristic Interpretation of the IIIrd and IVth Centuries
This verse of the Apocalypse, often quoted by Origen and Fathers affiliated with him has been interpreted by them as an image of Christ's coming into the soul of the faithful. It has also received a eucharistic and eschatological interpretation.
Philippe de Robert, Transparence et sagesse. Remarques sur le verre dans l’Apocalypse
Les seules mentions du verre dans la Bible se trouvent dans l'Apocalypse et dans le livre de Job. Une enquête sur ce produit de l'industrie humaine, souvent associé aux pierres et métaux précieux, et sur ses connotations, en particulier sapientiales, dans les traditions bibliques et juives, permet de préciser l'usage qu'en fait le voyant de Patmos dans les évocations du trône céleste, du cantique de l'Agneau et de la Jérusalem nouvelle.
Philippe de Robert, Transparence and Wisdom. Remarks on Glass in the Revelation
In the Bible, glass is mentioned only in the Apocalypse and in the Book of Job. This product of human industry is often associated with precious stones and metals, and connotes, in particular, wisdom. A study of glass in biblical and Jewish tradition permits a better understanding of the use of the term by the Seer of Patmos in his description of the heavenly throne, of the Song of the Lamb and of the New Jerusalem.
Christian Grappe, L'immolation terrestre comme gage de la communion céleste (Apocalypse 6,9 ; 7,14-15 ; 20,6)
Dans l'Apocalypse, la présence des martyres devant le Trône ou sous l'autel est conçue notamment comme le résultat de leur participation à la grande épreuve (6,9 ; 7,14-15). On peut retrouver à l'arrière-plan d'un tel mode de représentation des spéculations juives anciennes sur la destinée des martyrs, cette destinée étant comprise simultanément dans les catégories du sacrifice et de l'accès auprès de Dieu.
Christian Grappe, Terrestrial Immolation as a Warrant of Celestial Communion (Revelation 6,9 ; 7,14-15 ; 20,6)
In the Revelation, the presence of martyrs before the Throne or under the altar is conceived of as resulting from their participation in the great tribulation (6,9 ; 7,14-15). In the background of this mode of presentation are ancient Jewish speculations on the destiny of martyrs. This destiny was understood simultaneously in terms of sacrifice and of access to God.
Marc Philonenko, « Une voix sortit du Trône qui disait... » (Apocalypse de Jean 19,5a)
Où il est montré que la voix qui sortait du Trône est la voix du Trône personnifié.
Marc Philonenko, « And from the Trone Came a Voice Crying... » (Revelation of John 19,5a)
Wherein it is shown that the voice coming from the Throne is the voice of the Throne personified.
Daniel A. Bertrand, L'étang de feu et de soufre
L' « étang de feu et de soufre », le lieu de châtiment assigné par l’Apocalypse aux forces du mal, semble être une création de l'auteur du livre. L'expression combine des éléments de provenance diverse : « de feu et de soufre » est une allusion à l'histoire juive de Sodome ; « étang » est un terme technique emprunté à la représentation grecque des enfers. Deux écrits apocryphes antérieurs à l’Apocalypse, I Hénoch et la Vie grecque d'Adam et Eve, permettent de comprendre, chacun pour une part, la formulation johannique.
Daniel A. Bertrand, The Lake of Fire and Sulphur
The « lake of fire and brimstone », where the evil beings are to receive punishment according to the Revelation, is likely a concept by its author. He has set up various pieces together : « fire and brimstone » points to the Jewish story of Sodom ; « lake » is a technical term for hell borrowed from Greek mythology. Two apocryphal works written before the Revelation, namely Ethiopic Book of Enoch and Greek Life of Adam and Eve, provide respective help to understand the Johannine phrase.
Irena Backus, Apocalypse 20.2-4 et le millénium protestant
Nous nous proposons d'analyser ici l'exégèse d'Apocalypse 20,2-4 dans les cinq commentaires les plus influents parus dans l'aire réformée « classique » entre 1557 et 1618. Il s'agit des Cent sermons sur l'Apocalypse de Heinrich Bullinger, de la Methodus facilima ad explicationem Apocalypseos de Nicolas Colladon, de l'Apocalypsis latine de François du Jon, du Commentarius in Apocalypsin de Johannes Piscator et, enfin, du Commentarius de David Pareus. Les mêmes questions se posent à tous nos exégètes : le millénium d’Ap 20,2-3 est-il le même que celui d'Ap 20,4 ? S'agit-il d'une période historique ou d'une période spirituelle ? ou bien alors de deux périodes, dont l'une serait historique et l'autre spirituelle ? S'agit-il d'un (ou de deux) millénium(s) sur terre ou bien dans l'au-delà ? La diversité des réponses constitue, à notre sens, une preuve de l'embarras soulevé par le texte de l'Apocalypse dans le milieu réformé de la fin du XVI
e et du début du XVII e siècle.
Irena Backus, Revelation 20,2-4 and the Protestant Millenium
This article studies the exegesis of Apc. 20,2-4 in five of the most influential protestant commentaries published between 1557 and 1618 : the Hundred Sermons of Henry Bullinger, the Methodus facilima ad explicationem Apocalypseos by Nicolas Colladon, the Latin Apocalypsis by François du Jon, the Commentarius in Apocalypsin by Johannes Piscator and the Commentarius of David Pareus. All the commentators are faced with the problem of deciding whether the thousand years of Apc. 20,2-3 are the same as the thousand years of Apc. 20,4. They are also unclear about the status of the millennium and not sure whether to treat it as a historical period or a spiritual state. The variety of solutions to the problems shows how embarrassing the problem of the millennium was to orthodox protestants in the late XVIth and early XVIIth century.
Ugo Vanni, La dimension christologique de la Jérusalem nouvelle
En étudiant la pression littéraire qu’exerce l'expression « la fiancée, épouse de l'agneau » (Ap 21,9), l'article explicite la christologie sous-jacente en Ap 21,10-21. Le Christ agneau communique à la ville sa gloire, il apparaît comme « le donneur de lumière » (phôster au sens actif), il est pour elle « une pierre très précieuse » (Ap 2 1, 11), il représente les assises qui donnent sa stabilité. Les dimensions méta-conceptuelles de la ville sont celles de son amour (cf. Ep 3,18- 19) ; les pierres précieuses et l'or expriment et inculquent la réciprocité nuptiale entre le Christ agneau et la Jérusalem épouse.
Ugo Vanni, The Christological Dimension of the New Jerusalem
Through a study of the literary constraint exerted by the expression, « the Bride, the wife of I the Lamb » (Ap 21:9), the article lays out the underlying christology of Ap 21:10-2 1. Christ the Lamb communicates to the city his glory, he appears as the « giver of light » (phôster, with an active meaning), he is for her « a precious stone » (Ap 21:11), he represents the foundations that give her strength. The metaconceptual dimensions of the city are those of his love (cf. Eph 3:18-19) ; the precious stones and the gold express and inculcate the nuptial mutuality between Christ the Lamb and Jerusalem his Bride.
La liste des douze pierres de la nouvelle Jérusalem (Ap 21,19s) rappelle la liste des douze pierres du pectoral (Ex 28,17ss). La gemme du nom de « calcédoine » dans la première pourrait être le reflet de la gemme appelée « tarsis » dans la seconde. Cet article se propose de retracer les étapes possibles de la tradition littéraire qui relierait les deux pierres.
Jan Joosten,
(Rev. 21,19)
The twelve stones of the new Jerusalem (Ap 21,19f) recall the twelve stones of the breastpiece (Ex 28,17ff). The gem called « chalcedony » in the first list may reflect the gem of the name « tarsis » in the second. The present article attempts to retrace the possible stages of the literary tradition that may be held to link the two stones.