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Résumé - Abstract
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Résumés - Abstracts
Jean Marcel Vincent, Édouard Reuss, traducteur et interprète du livre de Job. À l’occasion du bicentenaire de la naissance de l’exégète strasbourgeois
L’exégète strasbourgeois Édouard Reuss (1804-1891), dont nous célébrons le bicentenaire de la naissance, s’est consacré à maintes reprises à l’étude du livre de Job. Ce « sommet de la littérature hébraïque » a inspiré sa propre poésie et a nourri son « sentiment religieux ». La traduction quasi-poétique qu’il en propose en allemand est splendide. Son exégèse recèle de rares qualités : un sens des limites dans les « expériences orthopédiques » que s’autorise la critique littéraire, une appréciation précise du genre littéraire, un esprit critique vis-à-vis des interprétations convenues (théologiques ou philosophiques) qui sont étrangères aux données réelles du texte.
Jean Marcel Vincent, Édouard Reuss, Translator and Interpreter of the Book of Job. On the Occasion of the 200th Anniversary of an Exegete from Strasbourg
Édouard Reuss (1804-1891), an exegete from Strasbourg whose two-hundredth anniversary was recently celebrated, repeatedly devoted himself to the study of the book of Job. This « summit of Hebrew literature » inspired his own poetry and nourished his « religious feeling ». His almost poetical German translation of Job is magnificent. His exegesis contains rare qualities : a consciousness of the limits in the « orthopaedic experiments » in which literary critics indulge themselves, an exact evaluation of the literary genre, a critical judgment towards conventional (theological or philosophical) interpretations which are foreign to the real textual facts.
Pierre Martin, Le Christ autophage
Le soixante-troisième emblème eucharistique du P. Chesneau fait du poulpe un symbole du Christ, posant une équivalence fondée sur le fait qu’ils présentent tous deux cette particularité de se manger soi-même. Ainsi au milieu du XVIIe siècle un traité de théologie du Saint-Sacrement trouve-t-il à affirmer une position des plus réalistes, en reprenant ce lieu étonnant de la controverse sur l’Eucharistie, le thème de l’autophagie du Christ. Le présent article tente de saisir les grandes lignes de l’évolution, depuis la fin du Concile de Trente, de cette figure d’un Christ autophage dans l’argumentation catholique, pour en interroger l’apparition furtive dans un recueil d’emblèmes de facture augustinienne.
Pierre Martin, The Autophagous Christ
Father Chesneau’s sixty-third Eucharistic emblem has the octopus as a symbol of Christ. This being justified by the fact both octopus and Christ are autophagous. So by the middle of the XVIIth century a theological treatise on the Holy Sacrament can put forward an extremely realistic proposition, thus resuming an astonishing point in the debate on the Eucharist : the autophagy of Christ. This article endeavours to seize how, after the Council of Trent, Catholics went on using the controversial figure of an autophagous Christ in their debates, and to question the way it came to be used in a book of emblems of Augustinian bent.
Gilbert Vincent, Naissance de l’individu abstrait et critique utilitariste de la pitié
L’utilitarisme se présente comme une représentation scientifique de la vie humaine qui refuse de voir dans les sentiments altruistes une source pour l’éthique et, surtout, pour la politique. Or, ce que montrent les œuvres pionnières de Hobbes, de Mandeville et de Malthus, c’est que la théorie se veut désormais efficace et que, pour l’être, elle doit discréditer le désir d’entraide et faire passer le désintéressement pour une ruse de l’intérêt. L’utilitarisme est donc moins un symptôme qu’un puissant agent de dé-symbolisation, qui réussit à faire passer l’utile pour le chiffre de l’excellence.
Gilbert Vincent, Birth of the Abstract Individual and Utilitarian Critique of Pity
Utilitarianism presents itself as a scientific representation of human life that refuses to consider altruist feelings as a source of ethics and, even less, of politics. However, the pioneer works of Hobbes, Mandeville, and Malthus show that henceforth the theory pretends to be effective and that, in order to be so, it has to discredit the inclination of mutual aid and to make pass unselfishness for a trick of self-interest. This implies that utilitarianism is not so much a symptom as a powerful agent of de-symbolisation, that succeeds to make pass usefulness for the figure of excellence.